
Vous avez perdu un être cher, et après des semaines, des mois… ou même des années, vous avez l’impression de ne plus avancer dans votre deuil. Vous vous demandez peut-être :
« Est-ce que mon deuil est bloqué ? Pourquoi je n’arrive pas à tourner la page alors que les autres y arrivent ? »
👉 Si vous ressentez ça, sachez d’abord que vous n’êtes pas seul(e). Beaucoup de personnes en deuil partagent ce sentiment d’être figées, d’avoir le cœur encore lourd, alors que le temps a passé.
Dans cet article, nous allons explorer ensemble :
ce que signifie vraiment ce sentiment de deuil bloqué,
pourquoi ce n’est pas toujours ce que l'on croit,
la différence entre la durée socialement admise du deuil et la durée réelle,
des pistes concrètes pour avancer plus sereinement,
et quand il est utile de demander de l’aide extérieure.
Mon objectif n’est pas de minimiser votre douleur, mais de vous aider à la regarder autrement. Car parfois, ce que vous vivez n’est pas un blocage, mais une progression plus lente, plus profonde, qui ouvre à de nouvelles questions et peut, au fil du temps, devenir une force intérieure.
Il arrive un moment, après la perte d’un être cher, où l’on se dit : « Je suis bloqué(e), je n’arrive pas à avancer. »
C’est comme si tout le monde autour de vous reprenait le fil de sa vie, pendant que vous, vous restez figé(e) dans le même paysage.
Peut-être que vous vous reconnaissez dans l’une ou plusieurs de ces situations :
Vous vous sentez encore submergé(e) même après plusieurs mois.
Vous vous comparez aux autres (« eux semblent aller mieux, pas moi »).
Vos pensées tournent en boucle, toujours les mêmes questions, les mêmes regrets.
Vous avez perdu le goût de faire des projets.

Si c’est ce que vous ressentez, sachez d’abord que vous n’êtes pas seul(e). Beaucoup de personnes en deuil passent par ce sentiment, et il est bien réel.
Ce que vous appelez « blocage » n’est pas forcément un arrêt complet. Dans de nombreux cas, c’est plutôt une avancée plus lente, plus chaotique, moins visible. Vous marchez, mais vos pas sont si petits que vous avez l’impression de rester sur place.
Le deuil n’est pas un chemin linéaire avec des étapes bien rangées. C’est une mer faite de vagues imprévisibles. Parfois, elles frappent fort. Parfois, elles s’apaisent. Et quand une nouvelle vague surgit, vous avez l’impression d’avoir tout perdu… alors qu’en réalité, vous continuez à avancer.
💡 Ce qui compte, ce n’est pas la vitesse. C’est de comprendre que chaque émotion, même celle qui vous donne l’impression de tourner en rond, a un sens et participe au chemin.
Gardez en tête que vous avancez, même si vous ne le voyez pas encore.

Le sentiment d’être bloqué vient souvent du contraste entre ce que vous ressentez, et ce que vous imaginez devoir ressentir à ce stade. Dans notre société, on entend souvent des phrases comme :
« Il faut un an pour faire son deuil. »
« Après les obsèques, le cours normal de la vie doit reprendre. »
« Il faut maintenant tourner la page. »
Ces phrases, même dites avec de bonnes intentions, sont très lourdes à porter. Elles créent une pression, comme s’il y avait un calendrier à respecter. Or, la vérité, c’est que le deuil n’obéit à aucune une montre.
La vérité est bien différente. Le deuil est un processus unique. Il ne se compte pas en semaines ni en mois, mais en cheminement intérieur.
Dans mon métier de clerc de notaire, j’ai accompagné des centaines de familles en deuil. Certaines personnes semblaient aller mieux au bout de quelques mois, alors que d’autres restaient encore très éprouvées plusieurs années après. Et dans les deux cas, rien n’était « anormal ».
➡️ Il ne s’agit pas de « tourner la page », mais d’apprendre à écrire la suite du livre en gardant la personne disparue dans votre histoire
Ce qui donne l’impression d’un « blocage », c’est souvent ce décalage entre ce que la société attend de vous et ce que vous ressentez réellement.
💡 Ce que vous vivez n’est pas un retard. C’est un rythme personnel.
Je me souviens d’une cliente qui m’avait reproché de raviver son deuil, alors que son conjoint était décédé… seulement trois semaines auparavant. Elle était effondrée, et elle pensait que c’était moi qui lui causais cette douleur. En réalité, ce n’était pas mes mots, mais la situation qui la faisait souffrir.
Il est normal d’être encore brisé(e) après trois semaines. Il est normal de pleurer encore des mois plus tard. Il est normal de ressentir une peine immense même après un an.
💡 Si vous vous sentez toujours en deuil, ce n’est pas une faiblesse. C’est simplement la preuve que le lien était profond et que votre cœur s’adapte à sa manière.
🎥Sur ce sujet, je vous conseille aussi ma vidéo « Étapes du deuil : ce que personne ne vous dit », qui parle du temps que peut prendre un deuil.
Quand on vit un deuil, on s’attend parfois – ou on espère – que les choses suivent un certain déroulement. Une progression régulière, une courbe de douleur qui décroît avec le temps. Et puis… parfois, ce n’est pas le cas. On a l’impression de stagner, de rester coincé(e), sans comprendre pourquoi.
Mais ce ralentissement peut aussi avoir un sens. Il arrive qu’un deuil nous amène à un point d’arrêt, non pas pour nous punir ou nous piéger, mais pour nous inviter à regarder en nous quelque chose d’essentiel.
Ce temps d’arrêt, aussi inconfortable soit-il, peut être le moment où une question profonde émerge. Où l’on commence à se demander :
Qu’est-ce qui me manque vraiment ?
De quoi ai-je besoin pour me sentir plus en paix ?
Quelle part de moi cherche à être entendue à travers cette douleur ?
Cela ne veut pas dire que vous devez absolument « trouver un sens » tout de suite. Mais simplement accueillir la possibilité que ce temps de flou soit une étape intérieure, et non un échec.

Il n’est pas rare que, dans ces périodes de ralentissement, certaines personnes découvrent en elles une sensibilité nouvelle. Une capacité à écouter leurs besoins, à poser un autre regard sur leur vie.
J’ai accompagné des personnes qui, après avoir eu l’impression de ne plus avancer, se sont rendues compte qu’elles étaient en train d’ouvrir une nouvelle porte : vers une forme de présence à soi plus fine, plus intime.
Par exemple, l’une d’elles m’a partagé que ce « blocage » avait été pour elle le point de départ d’une exploration intérieure qu’elle n’aurait jamais osé entamer auparavant : écrire, marcher seule, relire sa propre histoire familiale sous un autre angle.
Vous aussi, vous avez peut-être déjà ressenti une intuition différente, un besoin nouveau, un intérêt qui n’existait pas avant. Même minime, c’est un mouvement. Et chaque mouvement, même discret, mérite d’être accueilli.
On pense souvent que pour avancer dans un deuil, il faut poser des actions visibles, franchir des étapes bien précises, des actions conscientes, presque comme une liste à cocher. Mais cela ne reflète pas la réalité de ce que vivent la plupart des personnes.
Dans le passé, les gens étaient entourés de leur communauté, leurs voisins, leur famille proche. Les journées étaient rythmées autrement, moins pressées, plus lentes. Et dans ce quotidien plus simple, le soutien se glissait naturellement dans les échanges, les gestes, les silences partagés.
Aujourd’hui, dans une société où tout va vite, où chacun semble devoir "gérer" son chagrin en parallèle de son travail et de ses obligations, on peut avoir l’impression de ne rien faire… alors qu’en réalité, quelque chose est déjà en train de se transformer, en profondeur.
Parfois, sans même vous en rendre compte, vous avez peut-être déjà commencé à vous ajuster à cette absence, à ce vide.
Pas de manière spectaculaire. Mais à travers des élans discrets, des petits gestes qui prennent soin de vous, des intuitions que vous avez suivies sans trop savoir pourquoi.
Peut-être que vous vous êtes mis à marcher plus souvent.
À cuisiner des plats simples.
À relire un vieux livre, à caresser votre chat plus longuement.
Peut-être que vous avez commencé un journal sans y penser vraiment, ou que vous avez arrêté de voir certaines personnes… pour préserver votre énergie.
Tout cela, c’est du mouvement. C’est du soin.
C’est déjà une forme de réponse à la perte.
🪴 Comme ce potager que j’ai commencé après le décès de mon frère...
Je n’y ai pas réfléchi, je n’ai pas suivi de “recette”. J’ai juste eu besoin de me relier à quelque chose qui pousse. De sentir la terre. D’observer la vie continuer, doucement.
C’était une façon de rester debout, de me relier au vivant et de dire : “ Je suis encore là. Et je veux sentir la vie malgré tout.”
✨ Et vous aussi, vous avez peut-être fait ce genre de gestes.
Des gestes simples, parfois invisibles aux yeux des autres… mais profondément significatifs.

💡 Vous n’avez pas besoin d’un "plan de deuil" pour que votre cœur commence à cicatriser. Parfois, l’âme sait ce dont elle a besoin, avant même que l’esprit en prenne conscience.
🎥 Si vous avez l’impression que vos pensées tournent en boucle, ma vidéo « Pourquoi je ressasse toujours les mêmes questions suite au décès ? » peut vous aider à comprendre ce mécanisme et à mieux le vivre.
Ces idées ne sont pas des solutions miracles, mais des invitations à ressentir, à explorer et à vous faire confiance.
Vous pouvez écrire, parler seul(e) à voix haute, ou chuchoter dans votre tête. Peu importe le format. Ce qui compte, c’est de permettre à vos pensées et émotions de circuler. Ce n’est pas un exercice intellectuel. C’est une autorisation que vous vous donnez.
Boire votre thé préféré dans une tasse qui vous apaise. Allumer une bougie en pensant à votre proche disparu. Sortir marcher à heure fixe. Ce sont des repères. Pas pour contrôler le deuil, mais pour vous offrir un cadre rassurant, une île au milieu du tumulte.
Pas pour chercher des conseils. Juste pour être entendu(e).
Un professionnel, un groupe de parole, un(e) ami(e) bienveillant(e)… Choisissez une personne qui ne cherche pas à "vous faire aller mieux", mais qui vous accueille tel(le) que vous êtes.
Et si, pour l’instant, vous n’avez rien mis en place de tout cela : ce n’est pas grave.
Vous faites comme vous pouvez. Et parfois, juste lire ces lignes, c’est déjà un pas. Un pas vers vous. Un pas vers la suite.
Beaucoup de personnes en deuil hésitent à demander de l’aide. Elles se disent qu’elles doivent y arriver seules, qu’elles ne veulent pas déranger, ou que personne ne pourra vraiment comprendre.
Mais le deuil, même s’il est profondément personnel, n’est pas fait pour être traversé isolé(e).
Ce n’est pas une preuve de faiblesse de chercher un appui : c’est un acte de soin envers soi-même. Une seule conversation avec quelqu’un de formé, ou simplement bienveillant, peut suffire à soulager une part du poids.

C’est d’ailleurs pour cela que j’ai créé le Programme Phénix. Un accompagnement individuel pour celles et ceux qui ont besoin d’un espace rien qu’à eux, pour déposer, comprendre, reconstruire à leur rythme.
Ce n’est jamais trop tard pour se faire accompagner. Ce n’est pas un échec. C’est un acte d’amour envers vous-même.
Et si vous préférez des ressources en autonomie, vous pouvez commencer par une de mes méditations guidées gratuites, pensées justement pour ces moments où l’on a besoin d’un peu de calme et de réconfort.
Dans certains cas, ce que vous ressentez n’est pas seulement un ralentissement ou une tristesse persistante, mais un véritable traumatisme.
Cela peut être le cas lorsque la personne est décédée de façon brutale, choquante, soudaine : accident, suicide, violence…
Dans ces situations, l’intensité du choc dépasse ce que notre cerveau et notre cœur peuvent gérer seuls.
Certains signes doivent vous inviter à consulter :
Vous revivez la scène en boucle.
Vous avez des cauchemars, des flashs, des réactions physiques violentes.
Vous avez le sentiment de ne plus être tout à fait dans le présent.

👉 Dans ce cas, il est essentiel d’en parler à votre médecin. Il existe des accompagnements spécialisés, comme l’EMDR, qui peuvent vous aider à traiter rapidement le traumatisme avant de pouvoir avancer dans le deuil lui-même.
💡 Ce n’est pas un détour. C’est une étape nécessaire pour vous remettre en mouvement.
Ressentir que votre deuil est « bloqué » est une expérience fréquente. Mais cela ne signifie pas que vous êtes en échec.
Le chemin du deuil est sinueux, long, parfois déroutant. Il ne suit ni les attentes des autres, ni les calendriers sociaux.
Avoir l’impression d’un deuil bloqué ne veut pas dire que vous avez échoué. Ce que vous vivez est précieux. Votre douleur est le reflet d’un lien d’amour. Et ce lien, même dans l’absence, continue de vous transformer.
Vous n’avez pas besoin d’aller plus vite.
Vous n’avez rien à prouver.
Vous êtes déjà en chemin,
même si c’est par tout petits pas.
Et surtout, souvenez-vous…
Vous avancez, même si vous ne le voyez pas encore.

Si ce que vous vivez est teinté de colère, de tristesse ou de culpabilité, peut-être que mon article Émotions et deuil : les apprivoiser pour avancer pourra vous éclairer.
Si vos difficultés sont davantage liées aux relations familiales, je vous invite à lire Deuil et famille : pourquoi les tensions explosent et comment retrouver de l’apaisement.
Et si vous ressentez le besoin d’une présence douce au quotidien, vous pouvez aussi découvrir mes méditations guidées gratuites, conçues spécialement pour ces moments de tempête intérieure.
🕊 Petit à petit, vous retrouverez des appuis. Et un jour, sans vous en rendre compte, vous constaterez plus de paix dans votre quotidien.
Et si vous ressentez le besoin d’un petit rappel quotidien pour garder le cap, vous pouvez aussi télécharger gratuitement ces fonds d’écran inspirants, pensés pour vous rappeler, chaque jour, qu'il est possible de retrouver la joie de vivre.

Le deuil n’a pas d’agenda à respecter.
Ce que vous vivez n’est pas un blocage, mais un rythme personnel.
Des micro-gestes comptent, même s’ils semblent invisibles.
Ce n’est pas un échec de demander de l’aide.
Vous avancez, même si vous ne le voyez pas encore.
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Je suis Audrey, fondatrice de la chaine Youtube Les chemins de la résilience !
J’ai moi-même perdu mon petit frère qui a mis fin à ses jours.
J'ai connu des ruptures familiales douloureuses, et traversé des épreuves qui m’ont profondément transformée.
Clerc de notaire depuis 20 ans, j’ai suivi des centaines de familles dont l'histoire a été bouleversée par le deuil.
Le deuil est un véritable tsunami intérieur. Mais il peut aussi devenir le point de départ d’une renaissance — à condition d’être soutenu(e), écouté(e), et accompagné(e) avec bienveillance.
J’ai imaginé cet atelier comme une bulle de douceur et de sens, pour vous aider à traverser cette épreuve, pas à pas, de la manière la plus juste et apaisante possible.
Je crois en vous.
Vous avancez déjà, même si vous ne le voyez pas encore.